dimanche 25 février 2018

Conseil lecture : "Le christianisme paganisé ?"

Frank Viola et George Barna on écrit là un livre important pour les chrétiens d'aujourd'hui. Je le recommande vivement à ceux qui ne l'ont pas encore lu. 

Leur étude, précise et historique, nous aide à prendre conscience que les habitudes des églises évangéliques actuelles n'ont aucun fondement biblique, n'ont pas été enseignées ni mises en place ni encouragées par les apôtres, mais sont pour la plupart issues de l'histoire du catholicisme prenant leurs racines dans le paganisme antique. On peut considérer que le catholicisme n'est pas du christianisme mais du néo-paganisme par ses dogmes erronés et ses pratiques religieuses traditionnelles ; messes du dimanche, prêtres, sermons, eucharistie, réunions stéréotypées et répétitives... Ces habitudes se sont bâties au cours des siècles, après la mort des apôtres, elles sont davantage issues des temples et des croyances polythéistes que de la Bible. Ces traditions se sont figées dans le catholicisme, et perpétuées dans le protestantisme qui n'a hélas pas tout réformé. Dans le protestantisme et dans toutes les assemblées évangéliques qui en ont découlé. Culte (messe), pasteur (prêtre), prédications (sermon), sainte-cène (eucharistie), hiérarchie contraire aux enseignements du Nouveau Testament, ministères qui n'en sont plus, réunions stéréotypées et répétitives, doctrines sans réflexion approfondie sur le sens des textes... on retrouve partout le même schéma religieux et systématique.

"Le christianisme paganisé ?" détail bien l'origine de ce que l'on pratique sans avoir conscience de l'origine et des raisons de ces pratiques et habitudes. Nous n'avons nullement à suivre ces schémas religieux mis en place dans l'histoire et sans lien avec la révélation du Nouveau Testament (Novum Testamentum = Nouvelle Alliance).

Il nous faudra aussi découvrir qu'il n'y a pas que les habitudes d'églises qui ont été paganisées, inspirées du paganisme, mais également les croyances, les doctrines, les convictions, les interprétations des textes. Après la mort des apôtres hébreux, après la mort de ceux qui les avaient connu et qui ont reçu leur enseignement directement, avec toutes les explications nécessaires à une bonne compréhension, les chrétiens, de plus en plus nombreux en Europe, se sont progressivement éloignés de la pensée hébraïque (que l'on trouve dans l'ancienne comme dans la nouvelle alliance) et ont interprétés le sens des textes avec une vision issue du polythéisme et de la philosophie grecque aboutissement à des systèmes religieux, catholiques, protestants, évangéliques qui sont devenus si éloigné de la vie, de la pratique, des convictions des premiers temps de l'évangile.

On peut trouver ce livre sur le site de l'éditeur : https://www.editionsoasis.com/Le-christianisme-paganise-cbaaaaiCa.asp

Trois questions - La croix, l'Homme, la prière.

Ayant reçu par email quelques questions, je me permet de poster ici les réponses que j'ai faites, espérant que cela puisse servir à d'autres...






Comment expliquez-vous la Croix ? Que signifie-t-elle pour vous ?

Il y a de bon auteurs qui expliquent avec profondeur l'oeuvre de la croix, par exemple Serge Tarassenko (lien sur son site dans la colonne de droite sur ce blog) et T. Austin-Sparks (lien sur son site dans la colonne de droite sur ce blog), et je ne saurais dire mieux qu'eux. Je crois que l'oeuvre de la croix – dont la mort ne doit pas être dissociée de la résurrection – est un processus de création. C'est le processus que Dieu utilise pour atteindre son but, l'accomplissement de sa volonté, de son dessein : faire l'Humain à son image. C'est là le règne de Dieu, régner c'est remplir. La métaphore que Jésus utilise, racontée dans l'évangile, est celle du grain de blé : « Si le grain de blé ne meurt... ». ... Porter du fruit étant la résurrection et la vie qui se manifeste, la vie de Dieu dans l'humanité. Le brisement (comme pour le grain de blé) et la résurrection sont une transformation de l'être, pour devenir une nouvelle création, le grain de blé devient une autre création, un épis. La croix permet à l'Humain cette métamorphose. Etre dépouillé de soi-même (la mort) pour revêtir Dieu (la résurrection), devenant ainsi à son image, à sa ressemblance. La croix, c'est bien plus que le sang et le pardon des péchés. Cela en fait parti mais il y a bien plus. Dieu se faisant Homme (Humain) fait passer la nature humaine dans la mort et la résurrection, nous associant à lui en revêtant notre nature (« J'ai été crucifié avec Christ... » dit Paulus dans l'épitre aux Galates). Il y a plusieurs sens au terme « mort » dans les Ecritures et nous pouvons nous tromper souvent en comprenant mal le sens du mot dans tel ou tel passage. 


Quelle est pour vous la destinée de l'Homme ? 

C'est d'être uni à Dieu. L'union. Être « participant de la nature divine... », être avec lui un seul esprit. Sans confusion. Une union dans l'amour. Nous recevons sa vie et vivons par lui, par sa nature qui est esprit et vie, étant ainsi élevé au-dessus du seul fonctionnement de l'âme (psyche/psychisme – âme qui n'est pas reniée pour autant durant notre séjour terrestre mais guérie), progressivement, pour vivre par l'esprit. C'est là le but de toute la création. C'est cela devenir Fils, c'est cela être une nouvelle création. La vie éternelle c'est de le connaître, « le connaître » c'est être uni à lui, c'est recevoir sa vie. Sa vie c'est sa nature, c'est son esprit, c'est son être. La racine hébraïque de YHWH c'est « être », d'où le « Je suis » d'Exode révélé à Moïse. Il ne s'agit pas là de croyances ni d'habitudes religieuses, ni de pratiques, mais de vie et de transformation de la personne humaine par la vie divine. Je conseille sur ces sujets la lecture des ouvrages du grand théologien Claude Tresmontant.


Comment prier, qu'est qu'une démarche de prière ?

C'est une bonne question et un grand sujet que je ne saurais aborder avec pertinence. Serge Tarassenko disait qu'on ne doit pas prier pour que les choses arrivent mais parce qu'elles vont arriver, je ne sais pas si il exprimait bien sa pensée ainsi mais il me semble qu'il y a là un secret que je n'ai pas encore complètement percé. Nos prières devraient être en adéquation, au diapason de l'oeuvre de Dieu dans l'Humanité, en conformité avec son but. Accompagner son oeuvre, son action, être co-ouvrier. La prière c'est aussi une communion en esprit, avec ou sans expression de mots. On peut prier pour les besoins, et plus profondément en ayant conscience de l'oeuvre accompli par Ieshoua (Jésus) à la croix, ce qui est acquis dans l'Oint de yhwh ("Christos" en grec mal traduit par "Christ" en français). Laissez-vous guider par le souffle de Dieu (« ruach » en hébreu, « pneuma » en grec, « esprit » dans nos traductions courantes qui ne sont hélas pas toujours assez précises, le terme « esprit » n'étant pas explicite, le terme « souffle » étant plus parlant). C'est sa vie qui nous conduit dans ce qui est juste (ajusté à son intention parfaite pour l'Humain et toute la création, « sa volonté bonne, agréable et parfaite » dit Paulus dans l'épitre aux Romains, chapitre 12, verset 2). 

Je n'ai fait qu'effleurer ces sujets qui méritent d'être développés.

samedi 13 janvier 2018

L'oeuvre de Dieu, les oeuvres de l'Homme - Part3.

Dans la première partie de cette courte série, j'ai parlé des actions qui étaient présentées dans les églises comme "oeuvres de Dieu" mais n'étaient en réalité bien souvent que des oeuvres d'Hommes faites "pour Dieu". Avec des guillemets parce que ces oeuvres sont parfois faites pour se valoriser soi-même, pour se donner une image de réussite à ses propres yeux ou pour obtenir une place dominante sur les autres, ce qui répond à un besoin psychologique défaillant. J'ai parlé des conséquences désastreuses de ces fausses oeuvres sur la vie de ceux qui suivent aveuglément, qui font confiance sans discernement et sans le courage de dire non à ceux qui ont pour armes la séduction et la culpabilisation.

Dans la deuxième partie, j'ai parlé de ce qu'est vraiment l'oeuvre de Dieu : créer l'Humain à son image par une union avec lui en esprit. C'est là le second adam, le second état de l'être humain, l'aboutissement de toute la création. 

Nous connaissons le processus de naissance d'un papillon, la métamorphose de la chenille en insecte volant. Dieu n'a pas créé directement le papillon mais il crée la chenille d'abord, avec en elle le potentiel de devenir papillon. C'est dans sa nature de devenir papillon, c'est le but de sa naissance, le processus de transformation fait parti de sa nature, de son être dès sa naissance. Elle n'est pas faite pour rester chenille mais pour aboutir à l'état de papillon. Comme une image, comme une métaphore, cela nous enseigne sur la création de l'humanité. Si la chenille peut représenter, par analogie, le premier adam dont parle l'apôtre Schaoul de Tarse dit Paulus ("Le petit"), le papillon, lui, représente le second adam. Le premier adam est l'Homme terrestre (né d'en-bas), le second adam est l'homme céleste (né d'en-haut). Le papillon ne devient pas un être totalement différent de la chenille, il y a des similitudes entre ces deux êtres, une chenille ne devient pas une girafe ni une baleine, elle reste un insecte. Quand Dieu crée le premier adam, c'est pour qu'il devienne le second adam, exactement comme la chenille doit devenir papillon. Le péché n'a rien modifié à cela, rien ajouté, rien changé à ce but et à ce processus. 

Quand dans l'évangile, certains demandent à Ieschoua de Nazareth (Jésus) ce qu'il doivent faire pour faire l'oeuvre de Dieu, il leur répond : "Que vous croyiez à celui que YHWH a envoyé." Qu'est-ce qu'il voulait dire ? Il ne s'agit pas là de croyance mais de confiance basée sur la connaissance réelle de son oeuvre, il s'agit d'entrer dans cette oeuvre de création. Le sens des mots a changé. Nous passons souvent à côté du sens profond des textes et heureusement des auteurs importants comme Serge Tarassenko ou Claude Tresmontant nous enseignent une vision plus juste, plus précise, plus profonde des textes bibliques. Croire en celui que YHWH - le créateur qui s'est révélé à Abraham, à Moïse et qui est venu en chair en Ieschoua de Nazareth - a envoyé c'est entrer dans son oeuvre de création de l'Homme nouveau, du second adam, de l'Homme céleste, c'est entrer dans cette métamorphose par la foi (qui n'est pas une croyance mais une adhésion) en son oeuvre. Son oeuvre se fait par plusieurs actions : se révéler à l'Humanité (Abraham, Moïse, David...), s'incarner et mourir-ressusciter (la croix), unir son souffle ("rouah" en hébreu, "pneuma" en grec traduit par "esprit" en français) à l'être humain, le transformant ainsi en second adam (le papillon de la métaphore). 

Faire l'oeuvre de Dieu c'est devenir un second adam, c'est marcher par l'esprit, c'est vivre selon le souffle divin et être conduit par lui dans les oeuvres qu'Elohim (le Seigneur des Seigneurs - L'être des êtres) veut pour l'Humanité. La volonté de l'Homme devenant alors la même volonté que celle de Dieu, la volonté de Dieu devenant la volonté de l'Homme. Galates 2;20. Le second adam seulement peut faire l'oeuvre de Dieu parce que Dieu fait son oeuvre en lui et à travers de lui dans l'humanité. Ce n'est plus l'adam qui fait une oeuvre pour Dieu mais l'adam unit à Dieu qui est co-ouvrier avec lui. Le premier adam (la chair) ne fait pas l'oeuvre de Dieu mais fait son oeuvre propre (avec son intelligence, ses capacités, ses plans, ses désirs, sa vision) pour Dieu. Ce n'est pas l'oeuvre que Dieu fait, c'est l'oeuvre que l'Homme fait. Seul l'Homme transformé, inspiré et conduit par le souffle (l'esprit) de YHWH fait l'oeuvre de Dieu. Jésus en est l'exemple parfait. Il ne faisait pas ce que les Hommes s'attendaient à ce qu'il fasse, il faisait ce que YHWH lui inspirait. Ils le faisaient ensemble parce qu'ils étaient un. (Jean 10;30). 

Il y a beaucoup d'oeuvres charnelles, humaines, d'oeuvres religieuses aujourd'hui, comme de tout temps, des oeuvres qui ne sont pas les oeuvres de Dieu mais oeuvres d'Hommes, oeuvres du premier adam. Est-ce à dire que lorsque quelqu'un est né d'en-haut il fait forcément toujours l'oeuvre de Dieu ? Non, loin de là ! Une fois que la naissance d'en-haut a commencé, l'Humain peut toujours marcher par la chair. Il doit apprendre à marcher par l'esprit, il doit grandir, murir. Il faut une maturation spirituelle, un dépouillement pour revêtir la vie du oint ("christos" en grec), la vie de Christ. Cela prend du temps. Cela porte le fruit de l'esprit mais cela prend du temps. On ne sait pas où le souffle divin nous conduit mais c'est toujours merveilleux.

Lire à ce sujet l'article de T. Austin-Sparks sur l'Homme terrestre et l'Homme céleste que vous trouverez dans "Articles intéressants" de la colonne de droite

vendredi 29 décembre 2017

L'oeuvre de Dieu, les oeuvres de l'Homme - Part2.

Dans la première partie de ce double article sur l'oeuvre de Dieu, j'ai parlé des oeuvres des Hommes qui se prétendent "oeuvres de Dieu" et des dérives qui en découlent. Mais, quelle est donc l'oeuvre de Dieu véritable ? 

Dieu n'a qu'une seule oeuvre, un seul dessein : créer l'Humanité à son image, ce qui signifie nous unir à Lui, nous rendant participant de sa nature, nous donnant ainsi sa vie, la vie divine, la vie éternelle. C'est le but premier et ultime de toute la création, depuis le début, c'est le but duquel dépendent toutes les diverses actions de Dieu dans l'humanité de la Genèse à nos jours. Créer l'être humain et s'unir à lui, l'être humain devenant alors "enfant de Dieu" (Epitre de Jean) semblable au "fils de Dieu", dans la plénitude de ce que l'être humain peut devenir : L'Homme vivant de en union avec Dieu. Et il peut le devenir parce qu'il a été créé pour cela.

Cette création se fait par étape. Il y a d'abord une naissance d'en-bas, c'est-à-dire une naissance naturelle par nos parents qui fait de nous des êtres psycho-biologiques. Notre corps, qui a un fonctionnement semblable à celui des mammifères - les deux étant créés dans la même 6eme ère (Genèse 1 - Le terme "jour" n'ayant aucun rapport avec 24 heures) - puis notre psychisme, notre psychologie, notre "psyche" en grec, "âme" en français. L'âme, dans les Ecritures, peut aussi prendre le sens "d'être", comme dans Genèse : "Il devint une âme vivante" = "il devint un être vivant" ou "Il y avait des milliers d'âmes" = "Il y avait des milliers d'êtres". Les Ecritures peuvent aussi parler du psyche (âme), du fonctionnement psychique, qui est lié au cérébral (les conférences de Boris Cyrulnik sont pertinentes à ce sujet, je vous les conseille). Cet humain de naissance et de composition naturelle se développe, individuellement et collectivement, c'est toute l'histoire de l'humanité. Dans le psyche de l'humain, on trouve l'intelligence, les émotions (ressenti-sentiments) et la volonté. L'humanité grandit, comprend et maîtrise son environnement, domine, s'étend, invente, s'organise, se perfectionne. On pourra noter quelques inventions majeures qui ont permit ces développements : la roue, l'écriture, l'imprimerie, l'électricité, l'internet qui est une technologie qui permet la parole, l'instruction, l'annonce de l'évangile, le débat, la réflexion, l'étude, etc. Il y en a d'autres. Beaucoup de progrès techniques et d'études ont aidé à comprendre le fonctionnement de l'être humain. La psychologie par exemple nous a donnée de mieux comprendre nos besoins, de permettre de guérir des personnes, de sauver des vies, de leur donner une remise en mouvement vers un développement et un épanouissement, ce qui leur permet alors d'aimer et d'aider d'autres et parfois d'annoncer la bonne nouvelle du salut en Ieschoua de Nazareth. Dans le domaine du physique, on peut aussi noter les progrès énorme qui ont été fait, notamment en terme d'hygiène et donc de santé. Les exemples sont nombreux. J'aime à penser que je ne suis pas roi de France et pourtant j'ai un meilleur dentiste que Louis XIV (ça marche aussi avec Jules César, Pharaon, etc).

On peut guérir une psyché (âme) comme on peut guérir un corps. Tous ces progrès, qui sont réels et non virtuels, sont le développement de l'Homme naturel, l'humain dans son premier état d'être, ce que l'apôtre Paul appelle "le premier adam". Adam signifie "être humain" en hébreu. Ce n'est pas un prénom, ce n'est pas un individu, c'est l'être humain dans sa nature, c'est la nature humaine. Mais le projet de Dieu ne se réduit pas à ce développement là. Ce développement est bon et voulu par Dieu qui le valide par les paroles qu'on trouve en Genèse : "Cela fut très bon." et aussi "Croissez et multipliez." Dieu a lancé la machine, elle continue son développement, c'est bon et c'est cela fait parti de son projet. Mais le dessein de Dieu ne s'arrête pourtant pas là. Ce n'est pas seulement un bon et maximum développement de l'Homme naturel, du premier adam, que Dieu veut. Je sais que je n'ai pas encore parlé à ce stade de la question du péché (qui n'est ni une notion de morale, ni une notion de religion) et de la question du mal dans l'histoire de l'humanité. Les notions de chute et de péché originels qu'on nous enseigne couramment sont erronées, je pourrais en parler plus en détail dans d'autres articles. La notion de chute est une notion gnostique et non biblique, une pensée grecque et non hébraïque, la notion de péché originelle semble avoir été inventée tardivement dans l'histoire de l'église pour justifier le baptême des enfants, c'est une interprétation du sens des textes qui n'est pas correct. Je vous conseille à ce sujet les articles intéressants parues dans le site "Science et Foi" (vous trouverez le lien dans la colonne de droite de ce blog). Nos compréhensions du sens du péché n'est pas forcément juste, elles doivent être interrogées et approfondies, et pour cela, comme pour chaque point, nous devrions revenir au sens hébraïque : "manquer le but." Dieu crée toutes choses pour un but" Proverbe 16;4. 

Le but de Dieu n'est pas que l'Humain reste un "premier adam" mais devienne un "second adam", tel qu'était Jésus. Le second adam, la seconde étape de l'Humanité, le second état d'être de l'Humain c'est d'être uni à Dieu, uni à son esprit, être un avec lui, dans une union d'amour en esprit, c'est d'être enfant de Dieu. Et que cette vie divine croisse en nous jusqu'à une pleine maturité. C'est alors que l'être humain est abouti dans son plein sens, dans son plein développement. Mais pour cela, la naissance d'en-bas ne suffit pas, le développement de l'Homme naturel ne suffit pas, aussi formidable qu'il puisse être. Pour devenir le second adam, l'Humain spirituel, l'Humain uni à Dieu, il faut une "seconde naissance", une transformation (Galates 2;20 - 1 Corinthiens 15) qui nous conduit à un changement d'être. Le premier adam (le premier état d'être, l'état naturel de l'Homme avec toutes ses bonnes capacités) doit devenir second adam, deuxième et dernière étape de l'être humain, un second état, un état spirituel qui ne détruit pas les capacités du premier adam mais qui les mets au diapason de la vie divine, qui les équilibre, éliminant progressivement la notion de péché. C'est pour cela qu'il est écrit : "L'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde."

Ayant encore d'autres points à aborder, je vais m'arrêter là et continuer prochainement dans un troisième article. J'y parlerai de la chenille et du papillon comme métaphore du premier et du second adam, je reviendrai peut-être sur les notions de péché et de mal, enfin je parlerai de la manière dont l'humain peut faire l'oeuvre de Dieu véritablement puisque c'est là le but de cette courte série d'articles.

dimanche 17 décembre 2017

L'oeuvre de Dieu - Les oeuvres de l'Homme, part1

Dans un commentaire sur ce blog, un internaute m'a récemment demandé mon avis sur la notion de "faire l'oeuvre de Dieu" : "... une conception chrétienne que l'on entend un peu partout et qui est utilisée à tort et à travers..." C'est un sujet important, profond, qui englobe divers points comme nos conceptions de Dieu, nos conceptions de ce qu'il fait, notre connaissance ou notre ignorance du comment il procède, notre conception du salut, de l'oeuvre accompli à la croix, etc. "Faire l'oeuvre de Dieu", est-ce une conception "chrétienne" ou "évangélique moderne" ? 

Le simple fait de prétendre faire l'oeuvre de Dieu peut nous faire penser que l'on devrait la faire à sa place sinon lui ne la fera pas. Ce qui bien sur est absurde. On fait peser sur les épaules des uns et des autres l'obligation de faire nous-mêmes, par nos propres forces, par nos efforts déployés "l'oeuvre de Dieu", construisant des fardeaux d'activités et de programmes, accompagnés de messages et de prédications tantôt motivantes (qui ne sont rien d'autres que du coaching psychologique), tantôt culpabilisantes (de la manipulation pour que les autres fassent notre volonté). On retrouve là le principe de la loi : ce qu'on doit faire, ce qu'on ne doit pas faire. "On doit" vivre les Actes des Apôtres, "on doit" annoncer l'évangile, "on doit" gagner des âmes, "on doit" porter du fruit, "on doit" être un disciple, "on doit s'engager dans l'église". Pourtant, Ieshoua (Jésus) de Nazareth a-t-il dit "Vous bâtirez mon église ?" 

Au bout de cette démarche nous trouvons souvent la désillusion, la déception, la frustration, la négligence de sa propre famille, l'épuisement, le stress, le conflit, les désaccords et les divisions. Bien trop souvent on croit faire l'oeuvre de Dieu alors que l'on fait l'oeuvre de quelqu'un ou bien notre propre oeuvre pour Dieu - en réalité on la fait pour nous, pour ce que cela nous apporte d'image de soi, de prestige, d'intérêts divers, les dirigeants dominants les autres pour les convaincre de s'engager dans leur oeuvre propre qu'ils appellent "l'oeuvre de Dieu". On trouve cela dans les assemblées évangéliques mais aussi sur le net. C'est un état d'esprit naturel qu'on trouve également dans la politique et l'entreprise, on emploie des gens pour faire notre oeuvre, on devient un leader que les autres suivent, faisant sa volonté. Cet état d'esprit est-il forcément inspiré et conduit par l'Esprit de Dieu ? Le chrétien aussi peut faire l'oeuvre de la chair, de sa propre nature, de sa propre volonté, avec ses propres idées, faire son oeuvre et l'appeler "l'oeuvre de Dieu". Il peut copier ce qu'il lit dans les Actes des Apôtres, essayant de faire de même sans être dans le souffle (l'esprit) de Dieu. Il peut s'illusionner et illusionner les autres. Beaucoup de ces oeuvres s'apparentent à du prosélytisme de mouvements évangéliques, on se concentre plus sur les effets extérieurs que sur la vie intérieure, sur les paroles et les actions que sur la croissance de la vie spirituelle des personnes.
Est-ce à dire qu'il ne faille rien faire ? Non, bien sûr, j'en parlerai plus loin.

Dans cette réflexion, il est primordial de comprendre ce qu'est le premier Adam et ce qu'est le second Adam dont parle l'apôtre Paulus dans ces épitres. C'est le second Adam qui fait l'oeuvre de Dieu, pas le premier. Le premier Adam fait son oeuvre propre, ce qui est différent. J'aborderai cela plus précisément dans le prochain article.

A suivre : L'oeuvre de Dieu - Les oeuvres de l'Homme-part2. Ce qu'est véritablement l'oeuvre de Dieu dans l'Humanité, comment on y prend part en étant uni à lui en esprit, comprendre la différence entre le premier Adam et le second Adam.

Autour de ce sujet, on peut lire mes articles suivants : 
Le livre des Actes n'est pas la vie normale de l'église. 
Les trois tentations du christianisme.
Dieu n'a pas fini de créer.
Dieu crée pour un but.
Un plus grand salut.


dimanche 19 novembre 2017

Le livre des Actes des apôtres n'est pas la vie normale de l'église.

Dans un mouvement d'enthousiasme et de nostalgie, on entend parfois dire que le livre des Actes, dans la Bible, représente ou exprime la vie normale de l'Eglise, ce que devrait être la vie de l'église, ce que nous devrions retrouver aujourd'hui. J'aimerais expliquer pourquoi ce n'est pas le cas, ce que nous confondons, les jougs que génère cette conception sur les coeurs et au contraire ce que nous devrions espérer, plus en conformité avec ce que les apôtres qui ont vécu les Actes ont enseigné. 

Il me semble que Watchman Nee a bien compris cela et je conseille encore la lecture de son livre "La vie normale de l'Eglise" qui nous éclaire sur le sujet. Il enseigne un point important dont nous devrions avoir conscience : la différence entre l'oeuvre et l'église. En prétendant que le livre des Actes est la vie normale de l'Eglise, nous confondons l'oeuvre et l'Eglise. Qu'est-ce que l'oeuvre ? Ce n'est pas la vie de l'église, ce n'est pas la vie quotidienne de l'ensemble de la communauté (le terme "Ekklésia" en grec signifie "communauté" et non pas "église". "Eglise" n'est pas une traduction du terme grec mais une transcription. Voir mon article sur les mots non-traduits du grec au français). L'oeuvre, c'est un travail particulier opéré par des personnes précises, conduites par l'Esprit de Dieu pour un fruit spécifique dans un temps donné. Ce n'est pas ce que vivent tous les membres de toutes les communautés d'une manière générale. Comme il est écrit dans le livre des Actes : "Mettez-moi à part et Barnabas et Schaoul pour l'oeuvre à laquelle je les ai appelé." Actes 13;3. S'ensuit le récit de leur première mission, puis leur séparation puis les autres voyages de Schaoul de Tarse appelé "Le petit" (Paul). 

Le livre des Actes ne nous parle pas de la vie normale des églises de cette période de l'histoire mais de l'oeuvre des apôtres, et encore, de quelques uns seulement. Essentiellement Pierre, Jean et Paul, ainsi que Philippe, Barnabas. Le livre des Actes ne nous raconte pas ce qu'on vécu les 9 autres disciples choisit par Jésus dans les évangiles (Matthieu, André, Barthélémy, Thomas...) et ne nous décrit pas le quotidien des différentes communautés indépendamment de ce qu'y ont vécu les apôtres cités. Il y a une différence entre l'oeuvre et l'église (la communauté). Confondre les deux c'est ne pas discerner comment Dieu conduit et travaille pour le développement de l'évangile, pour l'accroissement de son peuple, pour l'accomplissement de son dessein. C'est aussi mettre un joug, un fardeau sur des frères et soeurs, un fardeau d'Homme, une exigence inutile qui n'est pas celle du Seigneur. Nous ne devons pas confondre la vie de l'église et les ministères (je rappelle comme je l'ai écrit dans mon livret "Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui", que les pasteurs évangéliques, les pasteurs protestants et les prêtres catholiques, ne sont pas les ministères dont parle Schaoul dans Ephésiens 4;11 mais des chefs religieux dans un système de fonctionnement qui ne correspond pas au modèle biblique). 

Le danger de cette conception erronée selon laquelle le livre des Actes est la vie normale de l'église, est un aveuglement qui conduit à attendre que les gens fassent ce que Dieu n'attend pas d'eux. Cela met un joug sur les chrétiens, une exigence de stature et d'actions que la plupart ne peuvent porter, avec l'accusation et la culpabilité qui accompagne cette exigence en cas d'échec. Tout est alors faussé. Une oeuvre doit être faite par les personnes que l'Esprit appelle clairement et spécifiquement pour cela. Si vous sentez cette exigence peser sur vos coeurs, cette culpabilité de ne pas faire ce qu'il faut, dégagez-vous de cela, vous n'êtes pas en cause. 

Mais alors, cela signifie-t-il que miracles, guérisons et conversions sont fini ? terminé ? D'un autre âge ? Mais non, pas du tout ! Loin de là. Dieu est vivant, Jésus est venu sauver, guérir, délivrer. Mais il n'est pas venu mettre des jougs inappropriés sur tout le monde. Retrouvons une vision saine, juste et équilibrée. Dieu agit, Dieu bénit, oui, mais ne confondons pas l'oeuvre et la vie de la communauté. Chacun doit grandir à son rythme, beaucoup ont avant tout besoin de guérison, d'être reconstruit, fortifié, soutenu, encouragé, aidé, accompagné doucement et paisiblement. 

En quoi consiste cette vie de l'église si elle n'est pas l'oeuvre ? J'affirme bien que Dieu n'a pas fini de faire des miracles et des guérisons et pas seulement au travers de personnes consacrées à une oeuvre mais l'obsession du sensationnel, du spectaculaire, du miracle, de ce qui frappe les oreilles et les regards, est très présente dans les milieux évangéliques et charismatiques, comme une sorte de but à atteindre ou d'obligation à vivre. Cela ne correspond pas à ce qu'enseignaient les apôtres aux communautées naissantes. Regardez ce qu'enseignent les apôtres comme Paul dans ses lettres, faites une liste des sujets qu'il aborde et des recommandations qu'il adresse. Il est avant tout centré sur Christ. Encourage-t-il à faire des miracles ? à évangéliser ? à sortir dans les rues pour prêcher et prier pour les gens ? Je ne crois pas. Que conseille-t-il alors ? De vivre en paix, de croître dans la douceur, la bonté, l'amour, de s'occuper des plus faibles, de porter les fardeaux des autres, d'exercer l'hospitalité... Ce qui n'exclut pas de prier pour les malades et de parler de l'évangile mais sans l'esprit de productivité et de rendement de notre époque. Tous ne sont pas évangélistes, tous ne sont pas une main, tous ne sont pas un oeil.  Etre témoin de Christ ce n'est pas être évangéliste, ce n'est pas être actif ni excité, ce n'est pas faire du prosélytisme pour remplir des réunions, c'est vivre une autre vie et la manifester dans notre quotidien par nos comportements, nos réactions, nos choix, dans la famille, au travail, dans nos communications, dans ce qu'on entreprend. C'est avant tout aimer, bien plus que faire des miracles.

L'église de Christ est en croissance, elle grandit, doucement. Le seul standard, c'est la vie de Christ, la vie divine parfaite. Ce standard, c'est l'aboutissement de notre vie, c'est le but de Dieu dans sa création. Ne confondons pas l'aboutissement et le cheminement. Cette vie grandit en nous, lentement. Elle nous guérit, elle nous transforme, elle nous sauve. Nous marchons par la foi en ce qu'il a accompli à la croix et Lui fait son oeuvre dans l'Homme. C'est un cheminement. Le livre des Actes n'est pas un standard à vivre maintenant. C'est le témoignage de ce quelques hommes seulement ont vécu à un moment donné de l'histoire.

Didier Millotte

mardi 14 novembre 2017

Pharisiens, Sadducéens, Esséniens.

Quand on étudie de près les mouvements de l'époque de Jésus en Israël et en particulier à Jérusalem, les Pharisiens, les Sadducéens, les Esséniens, ont voit bien une notion d'apostasie, d'abandon de ce qui est juste, de ce qui est conforme au dessein de Dieu, de ce que Dieu a instauré sous Moise puis David puis Salomon. Les saducéens dominaient le Temple de Jérusalem qui était sensé rester le lieu saint, la présence de Dieu, la fidélité à la Torah. Ils le dominaient en ayant les postes clés de gestion du Temple, des sacrifices, de récoltes des dîmes, ils le dirigeaient en association avec les polythéistes romains qui avaient conquis Israël, étant nommés par eux, et ce pour leur principal intérêt (cupidité, détournement d'argent, pouvoir, prestige, privilège du rang, etc.). Le Temple était corrompu bien plus par les Sadducéens que par les Pharisiens semble-t-il. Les deux partis se confrontant pour gérer le Temple. Les Esseniens (dont parle Paul quand il cite le culte des anges dans une de ses épitres) quand à eux, s'étaient retiré en jugeant cette gestion corrompu du Temple (qui était le centre de la vie d'Israël) et en formant une communauté très légaliste et très dure dans l'espoir de retrouver la sainteté et le vrai culte perdu. Et Jésus arriva... Jésus arriva, apportant un retour à ce qui était juste (reprenant, corrigeant, enseignant) mais sans légalisme, sans joug, en libérant, en guérissant, en bénissant, en aimant, en ôtant les fardeaux, en prenant soin des plus faibles avec affection, gentillesse, douceur, bonté. Il apporta la vérité et la grâce. Il n'attendait pas que le peuple qui aime Dieu le suive par lui-même dans sa création de l'Homme nouveau mais qu'il y parvienne en Lui - "Sans moi, vous ne pouvez rien faire" qui serve à bâtir la nouvelle création, qui serve à atteindre le but de Dieu dans sa création. Plus tard Paul dira : "C'est lui qui le fera." C'est là qu'est notre foi, en son oeuvre accomplie par le messie. Avec les Esséniens on voit l'Homme qui veut se sanctifier mais tombe dans le légalisme (et des inventions comme le culte des anges), de même avec les pharisiens on voit l'exigence, la dureté, le joug. Cela nous rappelle le fonctionnement d'assemblées d'aujourd'hui. Seul Ieshoua (Jésus) atteint le but de Dieu en conduisant l'Homme à la sanctification par la croix, dans la grâce. La grâce au moyen de la mort-résurrection, la croix : le chemin n'est pas un système religieux, répétitifs, actif, doctrinal, hiérarchique, "évangélique" mais la vie de Dieu en nous. Devenir un avec Lui comme il est dit : "Participant à la nature divine." Si on ne change pas de nature, on peut vouloir "faire pour Dieu" ou "faire avec Dieu", ça ne sert à rien, ça n'abouti pas au Royaume de Dieu.
Didier Millotte PS 1 : Si on relit Jean chapitre 10 en ayant conscience de ce contexte lié au Temple, au passé d'Israël, à la vie religieuse d'Israël de l'époque des évangiles, si on replace Jean 10 dans son contexte historique, local et religieux en rapport avec la révélation de YHWH à Moïse, David, Salomon, on peut se demander si Jésus ne parlait pas de ces chefs corrompus qui dirigeaient le peuple (dans le Temple, dans les sacrifices, dans l'adoration de YHWH, dans les fêtes). quand il dit "le voleur" au verset 10, quand il parle de celui qui n'entre pas par la porte au verset 1, quand il parle du mercenaire au verset 12, Jésus parlerait-il des Sadducéens, des Pharisiens, des dirigeants du Temple de YHWH ? Et quand il parle du loup au verset 12, ne parlerait-il pas de Rome (rappelons que la louve est le symbole de la fondation de Rome) qui finira par détruire Jérusalem et le Temple ? "Le voleur ne vient que pour... détruire." v. 10. Plutôt qu'une lecture "spirituelle" voire mystique qui identifie "le voleur" de Jean 10 à un ange déchu (le terme angelos n'a pas été traduit, sa vraie traduction est "messager", voir mon article sur les mots non-traduits), nous devrions replacer les enseignements dans leur contexte concret.

PS2 : Pour ceux qui veulent connaître précisément ces points concernant l'époque de la fin du second temple, je conseille la lecture des livres de l'historienne juive Jacqueline Guénot-Bismuth et du remarquable théologien Claude Tresmontant, notamment dans son livre sur l'Apocalypse.
Pour ce qui est de la nouvelle création, de l'union avec Dieu en christ, je conseille de lire les épitres de Paul, les livres de T. Austin-Sparks et d'écouter les conférences de Serge Tarassenko (liens dans la colonne de droite).

vendredi 3 novembre 2017

La cité des versets

Nous participons souvent à des discussions sur les réseaux sociaux, facebook, des blogs, en mettant des commentaires dans des discussions sur un sujet des Ecritures, sur l'Eglise, la vie spirituelle, etc. Beaucoup de commentaires, de débats, de discussions, de contradictions. Tout d'abord, j'aimerais rappeler combien c'est une chance pour tous de pouvoir s'exprimer, discuter, questionner, répondre, écouter, comprendre de nouvelles choses, entendre un point de vue différent de ce qu'on a l'habitude de nous dire et de pouvoir ainsi y réfléchir, découvrir un autre regard, avoir une explication plus précise, etc. Cela va nous enrichir, nous aider à mieux comprendre ce que la Bible enseigne à condition que nous restions dans un état d'esprit positif, gentil, étant à l'écoute, prenant le temps de lire, relire et réfléchir à ce qui est partagé. 

J'aimerais poser ici une réflexion concernant l'utilisation que l'on fait de la Bible, les citations de versets qu'on voit souvent dans des commentaires et dans les milieux évangéliques. D'abord, soyons bien conscient que les autres connaissent aussi bien que soi les textes et les citations qu'on peut faire de divers passages bibliques. Citer des versets n'explique rien. Partons plutôt de l'idée que l'autre les connaît déjà très bien. Cité un verset ne suffit pas parce qu'on peut ne pas avoir bien compris l'idée de l'autre, parce qu'on peut ne pas en avoir bien compris un verset, parce qu'on peut en tordre le sens en l'exprimant dans un contexte inapproprié. On utilise trop souvent des versets pour confirmer ce qu'on croit déjà au lieu de comprendre le sens d'un texte pour savoir ce qui est vrai, ce qu'il dit vraiment. 

Chaque verset à un contexte et le contexte donne sens au texte. Un verset n'a pas forcément le sens qu'on veut lui donner quand on le cite hors de son contexte et parfois nous lui donnons un sens contraire à ce que l'auteur a voulu dire. Par exemple : "Il n'y a rien de nouveau sous le soleil." a un sens par rapport à tout ce que veut exprimer l'Ecclésiaste. Cela ne signifie pas qu'il n'y a jamais rien de nouveau de manière absolue dans toute la création de Dieu de ses débuts à la fin. L'Ecclésiaste parle de la vie humaine, pas de l'oeuvre de Dieu dans sa totalité. Ainsi, Paul, qui connaissait bien ce texte lu dans les synagogues, pouvait dire : "L'important est d'être une nouvelle création..." Si Dieu ne faisait rien de nouveau il ne pourrait pas y avoir de nouvelle création. L'Ecclésiaste dit qu'il n'y a rien de nouveau dans la vie humaine dans le sens où tout les humains vivent les joies, les peines, les efforts, les blessures, les guerres, le travail, les désirs, depuis toujours. Mais chaque être humain qui naît est tout de même un être nouveau dans le monde. Si on guerre apparaît, c'est une nouvelle guerre pour ceux qui la vive mais ce n'est pas nouveau qu'il y ait des guerres dans l'Humanité. Il nous faut réfléchir à ce qu'on lit pour bien le comprendre, prendre le temps d'y réfléchir au lieu de répéter des versets tout le temps, se demander ce que cela signifie, ce que l'auteur a bien voulu dire par là à ce moment là et si cela concerne tout ou seulement un aspect des choses, celles dont traite le passage en question. 

Autres exemples, ce que j'appelle les contre-points : On entend souvent : "Soyez comme de petits enfants..." mais on entend rarement "Soyez des Hommes adultes" (1 Corinthiens 16;13). Il est écrit : "Sans moi vous ne pouvez rien faire." mais aussi : "Faites tout vos efforts." Il est écrit "La connaissance enfle..." (ce qu'on entend souvent pour dénigrer l'intelligence et la connaissance alors que Dieu nous encourage à l'intelligence et à la connaissance - Regarder tous les versets des Psaumes et des Proverbes qui concernent l'intelligence) mais aussi "Donne-moi l'intelligence pour que je comprenne tes commandements." (Ps 119) et "La sagesse appartient à l'Homme intelligent." (Prov. 10;23). Il vaut mieux comprendre le sens de l'ensemble des Ecritures plutôt que connaître certains versets par coeur et de les utiliser sans discernement. La Bible n'a pas été écrite avec des versets à citer mais pour exprimer une pensée complète, profonde, subtil et riche. Il nous faut sortir d'un schéma trop simpliste, d'une lecture trop littérale, au premier degré. L'esprit plutôt que la lettre.

A ce sujet je vous conseille vivement de lire le chapitre 6 du livre de Frank Viola sur l'utilisation des Ecritures. C'est très éclairant et édifiant. 

mercredi 30 août 2017

Tu aimeras.


"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... et ton prochain comme toi-même."
Qu'est-ce qu'aimer Dieu ? Qu'est-ce qu'aimer son prochain ?

Aimer son prochain c'est lui donner ce dont il a besoin, de manière générale comme de manière particulière (Si il a besoin qu'on l'écoute, qu'on soit patient avec lui, qu'on l'encourage, qu'on le nourrisse, qu'on l'accueille, qui lui exprime du respect, de la gentillesse...).

Aimer Dieu ce n'est pas lui donner ce dont il a besoin puisque Dieu n'a aucun besoin. Aimer Dieu, c'est recevoir de Lui sa vie, sa nature, son être, son amour, sa paix, ses pensées, son caractère, cette vie qui nous uni à Lui et nous transforme à son image... Ce qui nous permet alors de donner à notre prochain ce dont il a besoin.

Recevoir et donner. 

Nouvelle réforme

 Il nous faut faire un effort. Un effort sérieux dans une démarche humble, honnête et patiente. Un effort prolongé sur la durée. Un effort de réflexion et d'étude des Ecritures comme des mineurs creusent une mine d'or lentement mais surement. J'ai longtemps cru que dans les églises évangéliques on étudiait les Ecritures, mais ce n'est hélas pas le cas. On n'étudie pas, on apprends des doctrines établies que les dirigeants ont eux-mêmes appris et qu'ils transmettent sans se rendre compte de ce qui est faux. Des doctrines qui parfois plongent leurs racines jusque dans les erreurs du catholicisme ou des théories gnostiques des premiers siècles de "l'ère chrétienne", du livre d'Enoch ou des Esséniens. Des doctrines que l'on croit bibliques mais dont on n'a jamais vérifié l'exactitude. Et bien souvent d'ailleurs, on ne sait pas comment vérifier, on ne sait pas comment aborder une véritable étude, sans à priori, sans préjugé, sans postulat pré-établi, juste pour voir ce que veut vraiment dire un texte, parce qu'on ne nous l'a pas appris.

Nous avons tellement entendu de doctrines répétées sans approfondissement, sans explication, sans démonstration, sans connaissance du grec et de l'hébreu, sans faire la différence entre la révélation des Ecritures et les commentaires, les théologies diverses et les spéculations de toutes sortes. Des couches de sédiments véhiculées par des fleuves inintérrompu de prédications dans lesquels on ne peut plus distinguer ce qui est de la révélation et ce qui est des ajouts des mouvements historiques. Bien pire, on croit tellement que nos doctrines acquises sont la vérité biblique qu'il ne nous viendrait pas à l'idée une seconde qu'elles puissent être fausses, que l'on a mal interprété un certain nombre de passage des Ecritures, un certains nombre de termes dont on a perdu le sens depuis que l'on n'est plus enseigné par des hébreux de la seconde alliance.

Notre pensée a tellement été formatée qu'on a le plus grand mal à lire, à comprendre les Ecritures de manière saine, c'est-à-dire sans conviction posée à priori, sans être infléchi, influencé par les interprétations catholico-protestantes des textes, des couches de doctrines accumulées par les différents mouvements de l'Histoire de l'Eglise et du Judaisme. 

Une nouvelle réforme est en cours de nos jours. Elle nécessite non seulement de prendre conscience de nos habitudes d'églises qui n'ont aucun fondement biblique et donc n'ont pas lieu d'être continuéés ni pratiquées, des fonctionnements hiérarchiques erronées qui sont fondés sur le catholicisme (pape, évêques, prêtres-pasteurs) et non pas sur l'enseignement de Ieshoua de Nazareth (Jésus) et des apôtres, fonctionnements qui ne correspondent pas aux ministères bibliques – même si pour certains ils en reprennent les terminologies - mais aussi et avant tout de réaliser que nos convictions doctrinales ne sont pas conformes à l'enseignement des apôtres qui ont écrit le Nouveau Testament (du latin Novum testamentum = Nouvelle alliance).


Pour pouvoir bien comprendre le sens juste de la révélation des Ecritures que Dieu a transmis à l'Humanité, il va nous falloir mettre de côté nos à-prioris, nos convictions doctrinales qui fondent nos mouvements et faire un effort sérieux, humble et honnête d'étude approfondie des textes inspirés et remettre en question ce qu'on croit être vrai. Bien sûr, cela accompagné de la prière et du partage, cela va de soi. Partage dans des discussions bienveillantes, empruntent d'écoute, de respect et d'effort pour comprendre tel point de vue, tel argument, telle explication de texte et de contexte, sans jugement hâtif, sans mépris inutile, sans rejet stérile.  Soit nous faisons cet effort et nous co-oeuvrons au développement de l'Eglise de Ieschoua (Jésus), soit nous continuons dans ce faux christianisme catholico-protestant-évangélique qui a été développé et installé en s'écartant du sens véritable des Ecritures hébraïques. 

Conseil de lecture : 
"Le besoin de réforme de l'Eglise aujourd'hui." en pdf : ici
"Le christianisme paganisé" de Frank Viola.
"Le Christ hébreux" de Claude Tresmontant.
"La subversion du christianisme" de Jacques Ellul.
"La vie normale de l'église" de W. Nee.